Cet article reprend les temps forts, les messages clés partagé lors du 16ème épisode du Talk-show du CoDir. Un épisode qui a réuni autour de la table :
- Bruno AUDREN, coach professionnel en executive coaching, membre de l’EMCC, réseau Parteam
- Catherine MEUNIER, coach professionnelle certifiée ICF, réseau Parteam
- Christophe HARDY, directeur général des services de la Ville de Nailloux, ancien sportif de haut niveau
- Marie FRANÇOIS, associée Parteam en charge de la practice RH et coaching, DG de l’épisode
- Vincent DIDENOT, animation des débats
La question de la DG : coaching effet de mode ou levier de performance ?
Comme à chaque épisode, la DG du jour a ouvert les débats avec la question à laquelle ce CoDir virtuel devait répondre. Marie FRANÇOIS l’a posée sans détour : le coaching d’équipe est-il un simple effet de mode managérial, de ceux qui passent, ou un vrai levier de performance pour nos organisations ?
D’un côté, les convaincus, nourris par l’exemple des champions olympiques comme Teddy Riner ou Léon Marchand. De l’autre, les sceptiques, de la critique construite de la philosophe Julia de Funès jusqu’aux dérives montrées par le film Guru. Entre les deux, un flou à dissiper. L’épisode l’a fait en quatre temps : définir, comprendre la demande, prouver par le terrain, puis outiller.
Le coaching, un métier, pas un gadget
Premier réflexe : nettoyer le vocabulaire. Trois figures aident à trier ce que le mot recouvre.
- Le développement personnel façon Tony Robbins.
- La préparation mentale des sportifs, incarnée par le préparateur de Léon Marchand.
- Et le coaching professionnel, popularisé en France dès les années 1990 par Vincent Lenhardt.
C’est ce dernier, et lui seul, qui était au cœur de l’épisode.
La définition partagée sur le plateau est exigeante. Le coaching est un processus d’accompagnement, fondé sur une demande, dans un cadre professionnel, avec une posture spécifique. C’est un métier qui s’apprend, régulé par des fédérations, une formation longue et la supervision des pratiques. Sa finalité n’est pas de donner des réponses, mais de faire émerger celles du client.
À ne pas confondre, donc, avec les démarches voisines et tout à fait utiles, mais qui n’ont pas le même objectif : la learning expedition, l’outdoor ou le team building. Ces formats sont courts et visent la cohésion ou l’inspiration. Le coaching d’équipe, lui, vise la transformation, et se déroule dans la durée, sur plusieurs mois, parfois plusieurs années.
Catherine MEUNIER définit le coaching en contexte professionnel comme étant « un processus qui suscite chez les clients réflexion et créativité afin de maximiser leur potentiel personnel et professionnel. »
Et pas de coaching sans une volonté clairement exprimée de vouloir changer.
Pourquoi recourir au coaching professionnel : la demande, pas la motivation
Petit moment de vérité en direct : l’animateur a parlé de « motivations », aussitôt repris par les coachs. On ne parle pas de motivation, mais de demande. La nuance n’est pas cosmétique : tout l’accompagnement se construit sur une demande claire, qu’un bon coach passe du temps à explorer avant même de démarrer.
Les demandes sont variées. Des sujets de gouvernance pour un Comex ou un CoDir. L’alignement sur une vision ou un projet commun. L’intégration de nouveaux membres, ou le départ de certains. La régulation de tensions. Et parfois, tout simplement, une hygiène régulière.
Un regret unanime sur le plateau : les coachs sont parfois sollicités trop tard, une fois la crise installée. Or le coaching n’est pas une solution de pompier. C’est aussi, et surtout, un outil pour accélérer et gagner en performance quand tout va déjà bien.
Les demandes types d'appel au coaching d'équipe
Faire équipe
Aligner
Passer un cap
Apaiser
Structurer (la gouvernance)
Durer (pas seulement performer)
Le coaching vu de l'intérieur : quand une équipe se prépare au changement
C’est le temps fort de l’épisode. Christophe HARDY, DGS de Nailloux depuis octobre 2024, a raconté comment il a fait coacher son équipe de direction. Le contexte : une administration à budget constant, une commande politique claire, et l’échéance des élections municipales de mars 2026 à préparer.
Sa démarche a reposé sur trois demandes précises : sortir d’une organisation pyramidale au profit d’un projet transversal, préparer l’arrivée d’une nouvelle équipe d’élus, et rendre la structure capable de se réorienter vite. Son objectif, formulé sans détour : une structure réagissante en trois mois. Concrètement, trois séances intenses en janvier, février et mars 2026, intégrées dans un processus plus global, avec une règle d’or : l’adhésion. Personne n’a été contraint, chacun est venu librement.
Les bénéfices ont vite dépassé le cadre prévu. Le collectif a débordé sur de l’accompagnement individuel. Six postes ont été créés, cinq pourvus par promotion interne. Des personnes se sont révélées, et le regard porté sur elles a changé. Le tout sans que le budget soit le sujet, parce que la logique était ailleurs.
Le résultat le plus parlant s’est vu à la rentrée scolaire : des familles ont spontanément salué la qualité de l’accueil auprès de Madame la Maire, preuve concrète d’équipes qui travaillent enfin de façon transversale. Signe qui ne trompe pas, le DGS a pris un mois de congés, une première dans sa carrière. Pour lui, on ne parle pas de politique de ressources humaines, mais de richesse humaine.
Réaction à chaud de Bruno AUDREN, admiratif : nos clients savent parfois mieux parler du coaching que nous. Christophe a refermé son témoignage sur une citation qu’il affectionne : « Se réunir est un début, rester ensemble est un progrès, travailler ensemble est la réussite. » (attribuée à Henry Ford de manière apocryphe)
Comment se passe concrètement un coaching d'équipe ?
Reste à lever le mystère sur le déroulé d’une mission. Le plateau a donné des repères clairs.
Les prérequis d’abord, sans lesquels il ne faut pas démarrer :
- Une demande claire, creusée avec le dirigeant, quitte à y passer plusieurs entretiens.
- Un leader convaincu et sponsor. C’est lui qui porte l’accompagnement et introduit la démarche, pas le coach.
- L’adhésion de l’équipe. Un coaching contraint ne donne aucun résultat.
- Le temps long. Ce n’est pas un team building d’une journée, c’est de la conduite du changement.
- Le lieu. Sortir l’équipe de son quotidien, dans un environnement propice, pas au sommet d’une grue pour un saut à l’élastique.
Au centre du dispositif, trois acteurs reliés, les 3C : le Coach, le Coaché, le Commanditaire. Et un ingrédient qui traverse tout : la confiance, ou l’alliance. Le coach agit comme un tiers de confiance externe, tenu par un code déontologique, qui peut refuser une mission si les conditions ne sont pas réunies.
Côté outils, un inventaire non exhaustif : le diagnostic de maturité de l’équipe (de la collection d’individus à l’équipe en intelligence collective, selon le modèle de Vincent Lenhardt), les outils d’inclusion et de connaissance de soi (DISC, Process Com), et surtout le questionnement, cette maïeutique qui fait trouver au client ses propres réponses. Le coach n’est ni formateur, ni consultant : sur le plateau, tous ont insisté sur l’importance de ne pas cannibaliser le coaching avec d’autres pratiques.
Un dernier conseil, et non des moindres : bien choisir son coach. Externe, neutre, formé, et avec qui une vraie relation de confiance est possible.
À retenir : les messages des experts en coaching

Catherine MEUNIER
« Au-delà des compétences techniques, une équipe a besoin de Clarté sur son cap, de Connexion entre ses membres, d'une Communication ouverte et de Coopération. Ce sont les 4C. »

Bruno AUDREN
« Un effet de mode ? Je parlerais plutôt d'un mode créant les possibles, et d'un levier certainement. Le coaching aide à élever le niveau de jeu et à y voir plus clair. »

Christophe HARDY
« La vraie question n'est pas de savoir si le coaching est un effet de mode. C'est : sommes-nous prêts à faire quelque chose de notre potentiel ? Le coaching fait passer de "je pourrai" à "je fais". »
La réponse à la question du DG ?
En conclusion, Marie FRANÇOIS a confirmé que le CoDir du jour avait répondu à sa question d’ouverture.
Non, le coaching d’équipe n’est pas un effet de mode. Oui, c’est un levier, et même un outil appelé à devenir essentiel, à l’heure où entrer en relation et communiquer devient plus difficile.
Pour aller plus loin sur la question du coaching professionnel
Cet article ne restitue qu’une partie des échanges de ce 16e épisode. Les intervenants ont partagé bien d’autres exemples, anecdotes de terrain et points de vigilance que vous ne retrouverez que dans le replay. Vous y découvrirez aussi d’où vient vraiment le coaching moderne : d’un livre culte des années 1970 consacré au… tennis.
Pour faire passer un palier à vos équipes avec le coaching :
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